
Comme pour les masques PUNU, voici un peu d'histoire sur les FANG.
Les Fangs forment un groupe ethnique africain présent en Afrique centrale comme au Gabon (environ 30% de la population) ou au Cameroun (minorité).
Ce type de masque était utilisé par la société secrète masculine Ngil , qui n'existe plus aujourd'hui, et avait un caractère judiciaire. Son but était la recherche et la mise hors d'état de nuire des sorciers beyem chargés d'un esprit mauvais. L'initiation au "Ngil" comprenait :
- une purification préalable physique et morale ;
- une flagellation ;
- une confession des crimes et/ou des ruptures d'interdits ;
- une épreuve ordalique ;
- une présentation des reliques des ancêtres (byeri) ;
- des sacrifices et des tortures.
C'était un passage symbolique, de l'état androgyne à l'état adulte, sexuellement défini.
Le lieu sacré du "Ngil" était une clairière de brousse, de forme rectangulaire, nommée ésam, avec de grands gisants de terre mouillée de forme vaguement humaine représentant "Ngil" et sa femme.
Les néophytes devaient ramper devant ces effigies en passant au-dessus d'une fosse dans laquelle étaient cachés des guerriers cherchant à les blesser de leur armes. Ils devaient aussi subir l'épreuve des fourmis.
Seuls les hommes pouvaient être initiés au "Ngil". Le "Ngil" était en somme utilisé comme protection de l'individu contre les maléfices et les empoisonnements. Il faisait partie des rituels de régulation de la vie villageoise gabonaise traditionnelle.
Le rituel se poursuivait dans la cour du village au petit matin ou au crépuscule. Armé d'un sabre rituel ou d'un simple gourdin, le "Ngil" était censé détruire les cases des villageois en conflit avec les autres membres de la société. Ces palabres portaient sur les adultères, les vols ou les dettes.
Le porteur du masque avait une voix grave et déformé pour ne pas le reconnaître qui faisait peur aux femmes et aux enfants.
Les autorités coloniales françaises interdirent ce type de masque vers 1910.
Voilà, encore un peu d'histoire...
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